Cet ensemble associe deux familles de montagnes : hautes à l'est, basses à l'ouest et au sud. Un élément majeur d'unité est l'influence climatique méditerranéenne, reconnaissable à la sécheresse estivale.
Les Préalpes calcaires constituent la partie la plus étendue, la plus sauvage et la plus dépeuplée.
Monde âpre mais d'une singulière beauté que renforce l'ardente luminosité méditerranéenne, ces massifs ont un avenir incertain, même si localement se remarque un renouveau de l'élevage ovin et si les résidences secondaires, souvent issues de ruines achetées à bas prix et restaurées, se multiplient au même rythme que les nationalités de leurs propriétaires.
Plus avantagée, la haute montagne d'où échappent trois vallées principales (Roya, Tinée et Vésubie) traversant l'ensemble par un chapelet de gorges et de bassins. Cet arrière-pays bénéficie aujourd'hui de la clientèle du littoral azuréen et de l'essor du tourisme d'hiver, qui a redynamisé d'anciennes stations (Auron) et créé, grâce à des capitaux anglais, Isola 2000.
Plus au nord, quatre « pays » à l'identité très affirmée prolongent la haute montagne : Briançonnais, Embrunais, Queyras et Ubaye. Le soleil permet à la forêt d'atteindre les altitudes les plus hautes de tout l'arc alpin (2 300 m) ; sur les amples adrets, les hommes ont pu fixer leur habitat à des niveaux peu communs (Saint-Véran-en-Queyras, 2 040 m).
Le val de Durance est le cordon ombilical des Alpes du Sud françaises. Riche région agricole qui profite d'un aménagement hydraulique réalisé à l'aval de la retenue de Serre-Ponçon, la vallée donne l'impression d'un ruban de prospérité qu'attestent de petites cités actives à la population croissante (Sisteron, Laragne-Montéglin, Manosque et Gap, la plus grande ville des Alpes du Sud, 32 000 hab.).
On peut constater, en point d'orgue à cette transition, que le versant sud de la Meije regarde vers Grenoble alors que son versant nord est tourné vers Marseille ! Ces entités géographiques, à cheval sur deux versants, se singularisent par l'aspect composite de leur économie différente du Bochaîne au Trièves. Le complexe touristique qui, de Briançon au Monêtier, fait de la vallée de la Guisanne un gigantesque village-rue annonce par les infrastructures et leur fréquentation les grandes stations de ski de la Savoie olympique. Le « pays » fortement rural autour de La Grave et du Villar-d'Arène conserve bien des traits « sudistes ». On pourrait en dire autant du Valbonnais et du Valgaudemar, mais ici la présence de la haute montagne cristalline et la coupure que crée le Sillon alpin méridional révèlent que l'on a pénétré dans un domaine où les massifs répondent à un ordonnancement rigoureux : on est bien ainsi parvenu dans les Alpes du Nord !
L'ouest du croissant montagneux est symbolisé par cinq massifs préalpins : Vercors, Chartreuse, Bauges, Bornes, Chablais-Giffre, qui comportent beaucoup d'éléments d'unité, mais autant d'aspects les différencient.
Dominant l'avant-pays, ils s'achèvent par d'impressionnantes parois calcaires. Ils sont originaux par leur humidité abondante du fait de l'effet d'écran que les escarpements opposent aux perturbations océaniques. L'altitude, souvent trop basse pour garantir un bon enneigement, se combine à la latitude et aux redoux très fréquents.
Cette forte hygrométrie génère l'herbe et l'arbre. Les taux de boisement dépassent 60% et l'élevage laitier est de plus en plus omniprésent en gagnant les confins helvétiques. On mentionnera la célébrité du reblochon des Aravis pour illustrer la réussite en matière d'économie agricole. La présence de forêts est à l'origine des scieries, d'un artisanat (tournerie) et d'une industrie (cuisines intégrées) qui animent de petits centres (Thônes, Taninges).
L'Est correspond aux Grandes Alpes, regroupant massifs centraux cristallins et zone intra-alpine.
L'épine dorsale cristalline, continue du Pelvoux au massif du Mont-Blanc, immortalise la haute montagne, imposante par ses altitudes (mont Blanc 4 807 m, Écrins 4 103 m), ses dénivellations et sa parure de glaciers. Dans les secteurs moins élevés, la vie pastorale se maintient grâce à la réputation de certaines productions (fromage de Beaufort).
Dans les parties basses des vallées, l'industrie occupe le peu d'espace disponible (val de Livet) mais, comme le tourisme, est loin de connaître le développement que l'on rencontre plus à l'est.